La gestion

Par ce terme on regroupe une série de travaux essentiels, comme la préparation des pièces, la conservation, l’inventaire et la saisie des données y relatifs. Malheureusement le résultat de ces tâches passe souvent inaperçu sur les pièces exposées.

La préparation se fait par le personnel du musée, mais aussi par des personnes extérieures, le plus souvent bénévoles. Citons à titre d’exemple le travail fastidieux et très fin de quelques collaborateurs scientifiques, qui au cours des dernières trentes années ont préparé les pièces suivant les besoins du musée. De par le passé, ce fut aussi le cas, mais malheureusement le nom des préparateurs échappe souvent aux inventaires.

La conservation joue un rôle important pour les pièces. En paléontologie, c’est surtout valable pour les pièces provenant des formations géologiques contenant de la pyrite. Ce sulfure de fer se retrouve notamment dans les nodules du Toarcien inférieur qui contiennent une faune importante et intéressante de vertébrés. Hélas, de nombreux fossiles se dégradent puisque la pyrite contenue dans la roche s’altère et fait éclater les pièces. Pour y remédier il faut s’assurer que les pièces restent à l’abri de l’air, soit en imprégnant la roche d’une résine, soit en bouchant les fissures systématiquement pour empêcher l’air d’y pénétrer. Ces pièces nécessitent donc un contrôle régulier (annuel) pour ralentir et essayer d’enrayer le phénomène. En minéralogie, il est extrêmement important de protéger l’intégrité des cristaux. Un emballage systématique de chacune des pièces est nécessaire et est adopté à chaque spécimen.

La préparation (naturalisation) des spécimens de vertébrés supérieurs suit généralement toujours les mêmes voies. En effet, les vertébrés récoltés sont placées en congélation jusqu’au jour de leur naturalisation. C’est généralement la voie classique, mais il peut arriver que pour certaines raisons, comme la mauvaise qualité d’un plumage ou d’un pelage, le taxidermiste soit amené à ne préparer que le squelette de l’animal.

Autrefois, lorsque les gens partaient en exploration dans des pays dits exotiques, ils n’étaient pas en possession de tout le matériel nécessaire à la naturalisation ou encore du montage d’un squelette. La méthode consistait alors à retirer la peau de l’animal et à la conserver à l’aide de sel de manière à éviter sa décomposition et de la remplir enfin de paille ou de tissu et de la laisser sécher ainsi, c’est ce que l’on appelle une peau (Balgen).

Pour ce qui est des vertébrés inférieurs, comme les poissons ou les amphibiens, les spécimens sont plongés dans un milieu de conservation qui était souvent à base de formol, mais qui, vu la dangerosité de ce dernier, a été remplacé par l’alcool éthylique.

Pour ce qui est des invertébrés, la méthode classique est la conservation en alcool. Les insectes par contre sont souvent épinglés et étalés et ce afin de pouvoir les déterminer.

La conservation consiste elle en une visite régulière des collections. Pour les animaux naturalisés et particulièrement pour la collection ornithologique, un gros travail de ré-identification et de restauration de tous les spécimens est en cours. De même pour les mammifères.

Pour ce qui est des collections humides, une visite annuelle s’accompagne de la complémentation en alcool des différents bocaux. Les collections anciennes sont le plus souvent remises dans des jarres anatomiques neuves, les anciennes étant dans un trop piteux état.

Insektenkasten

Le principe de précaution s’applique également à l’ensemble des collections, mais particulièrement vis-à-vis d’ennemis tels que les mites et les anthrènes qui s’attaquent indifféremment aux poils, aux plumes et même aux insectes pour ce qui est de l’anthrène. Pour ce faire nous nous sommes dotés d’une unité frigorifique –40°C, permettant de décontaminer les spécimens lors de leur retour en collections après avoir été prêtés à d’autres institutions, ou encore pour décontaminer une pièce se trouvant en exposition permanente du musée.

L’inventaire et la banque de données sont des outils performants pour ceux qui travaillent en collection. Le nombre de spécimens dépassant largement les cinq cent mille, on ne peut plus gérer la collection de mémoire. Dès qu’il y a plusieurs personnes qui travaillent sur une collection, il faut centraliser les opérations dans un fichier ou une banque de données. L’inventaire, c’est le catalogue qui énumère les fossiles suivant leur rentrée et leur sortie pour des raisons diverses (perte, échange, prêt, études). La banque de données a un caractère plus scientifique, car elle gère toutes les informations concernɑnt les pièces à savoir le site de provenance, la formation géologique hôte, la position stratigraphique, le ou les déterminateurs, la préparation, les images, les dimensions, le statut de la pièce et son état deconservation. L’acquisition et la gestion de la collection sont deux étapes indispensables à l’utilisation des collections, soit pour en tirer des nouveautés pour la science, soit pour les présenter et les expliquer au public.