Patrimoine sauvegardé : Restauration de la collection de coléoptères Würth-Weiler

Récemment, le coléoptérologue et collaborateur scientifique du Musée national d’histoire naturelle, Francesco Vitali, a pu conduire à bon port un projet de restauration d’une importante collection de coléoptères que le Musée national d’histoire naturelle avait acquise en 2012. Le résultat spectaculaire de la restauration a été présenté ce samedi 17 mars 2018 lors de la 35e réunion annuelle des collaborateurs scientifiques du Musée national d’histoire naturelle.

En effet, des centaines d’heures de travail avaient été consacrées par l’expert à cette riche collection de coléoptères, pour la plupart paléarctiques, rassemblés au début du XXe siècle par le juriste luxembourgeois et entomologiste amateur Joseph Würth-Weiler (1861-1946) dans 45 boîtes de format standard.

Malgré son importance manifeste, la collection avait été gravement négligée après le décès du collectionneur. Les boîtes étaient en effet dans un état très critique : en plus des dégâts dus au temps (poussière, moisissures, pièces détachées ou cassées), plusieurs boîtes avaient subi des attaques d’anthrènes qui avaient parfois réduit à néant leur contenu.

La collection était bien ordonnée en apparence, mais les déterminations étaient souvent erronées, parfois même d’une façon grossière. L’identification des spécimens détachés ne pouvait donc pas se baser sur les étiquettes existentes sur lesquelles figuraient le nom de l’espèce. La révision de la collection réclamait ainsi une connaissance très pointue du groupe d’insectes. Dans les boîtes des spécimens qui n’avaient pas encore été rangés, les étiquettes sur lesquelles étaient inscrites les localités des captures étaient faites de longs petits papiers repliés plusieurs fois sur eux-mêmes, de sorte qu’elles étaient trouées et salies par la rouille. L’écriture, faite en italique et au crayon, mentionnait de simples localités, connues seulement par l’auteur, parfois abréviées ou qui se référaient parfois à des « lieux-dits » disparus après un siècle d’urbanisation.

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Eu regard à cet état de la collection, la restauration de Francesco est évidemment une véritable prouesse : Grâce à une maîtrise absolue et beaucoup de patience, le nombre de spécimens restaurés varie d’un minimum de 30 à plus de 500 par boîte. La restauration de plusieurs centaines d’exemplaires, qui auraient été jetés sinon, a permis de sauvegarder une collection historique et de disposer de données historiques sur des espèces du Luxembourg et de la Rhénanie, rares ou déjà disparues entre-temps dans les régions de capture.

Photos : Francesco Vitali

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