« Il s’appelle 2006KW37 » – Découverte d’un nouvel astéroïde par une équipe luxembourgeoise

Depuis avril 2006, le Musée national d’histoire naturelle (Mnhn), l’Observatoire de Roeser et l’Observatoire des Côtes de Meuse (France) collaborent au projet LASER (Luxembourg Asteroid Survey of the Ecliptic Region). Mission : scruter le ciel à la recherche de nouveaux astéroïdes.

Asteroid_Telescope Roeser_Dawson et ButtiniEn date du 24 mai 2006, Matt Dawson (collaborateur scientifique du Mnhn) et Eric Buttini (conservateur de la section de géo/astrophysique du Mnhn) ont identifié pour la première fois un nouvel astéroïde jamais répertorié jusqu’à présent. Il s’agit de la première découverte de ce genre par une équipe luxembourgeoise. La découverte luxembourgeoise a été confirmée par le Minor Planet Centre (USA) qui est l’organisme international responsable pour la validation des découvertes et pour la dénomination des nouveaux astéroïdes.

L’astéroïde « luxembourgeois » a reçu la dénomination 2006KW37. D’un diamètre de 1,9 km et d’une magnitude de 20, il orbite autour du Soleil à une distance de 200 millions de km. Il fait donc partie de la ceinture d’astéroïdes. C’est une région de notre système solaire située entre Mars et Jupiter comprenant plusieurs dizaines de milliers de ces minis planètes rocheuses allant d’un diamètre de 1000 km pour le plus gros astéroïdes, qui est Cérès, jusqu’à des diamètres de quelques mètres voire des petits grains de poussière. Pour l’instant seule l’orbite approximative de 2006KW37 est connue. Lorsque les mesures seront plus précises et que l’orbite exacte sera connue, il sera possible de donner à cet astéroïde le nom d’un personnage luxembourgeois historique.

Détecter une bougie à une distance de 2000 km

La méthode pour détecter un tel astéroïde est à la fois simple et compliquée. Au cours d’une nuit sans nuages, un même secteur du ciel est observé et photographié plusieurs fois à des heures différentes. Ces images sont alors comparées les unes avec les autres grâce à un logiciel spécial. Un astéroïde paraîtra bouger en référence aux étoiles fixes. Ensuite, la position de l’astéroïde est calculée en utilisant une banque de données comprenant 15 millions d’étoiles de référence.

La découverte luxembourgeoise est tout à fait exceptionnelle. En effet, détecter la lumière de cet objet correspond à observer une bougie à une distance de 2000 km ou encore observer une balle de golf d’une distance de 5000 km.

Bientôt d’autres découvertes

Les observations faites par l’équipe luxembourgeoise prouvent la validité de sa stratégie d’observation et ainsi de nouvelles découvertes devraient être faites très bientôt. Déjà depuis 1999, Matt Dawson effectue des observations d’astéroïdes géo-croiseurs (croisant l’orbite de la Terre) récemment découverts et soumet ses observations au Minor Planet Center à Harvard Massachusetts aux USA. L’observatoire de Roeser, avec son télescope de 50 cm de diamètre, fait partie d’un réseau de plus de milles stations d’observation amateur ou professionnelles. Ces observatoires sont à la recherche de tous les astéroïdes dont le diamètre dépasse 1 km. Toutes ces observations sont corrélées et permettent de calculer, avec une grande précision, l’orbite des ces corps et d’évaluer leur degré de dangerosité pour la Terre. Jusqu’au début 2006, 3876 objets proches de la Terre ont été découverts. 830 de ces NEOs (Near Earth Objects) sont des astéroïdes avec un diamètre d’approximativement 1 kilomètre ou plus grands. Certains de ces NEOs peuvent être classifiés en tant qu’objets potentiellement dangereux.

Les observations se font pendant que les astéroïdes s’approchent rapidement de notre planète et avant qu’ils ne reculent à nouveau dans les profondeurs de l’espace. L’objectif est d’obtenir des observations suffisantes pour que l’astéroïde ne soit pas perdu et puisse être retrouvé lorsqu’il approche à nouveau la Terre. En effet, grâce aux observations, il est possible de calculer les orbites de ces astéroïdes et donc de prévoir leur position à long terme. Si certains astéroïdes à l’avenir s’avèreraient potentiellement dangereux, des mesures adéquats de protection de la Terre peuvent être envisagées longtemps à l’avance.

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