Les petits carnets et miniatures d’Irena Podhorska (09.09.99-07.11.99)

Les petits carnets et miniatures !

N’est-ce pas un titre fort discret face au contenu sentimental qui est l’âme de cette exposition ?

Il est vrai que l’œuvre de l’artiste a cette rare capacité d’établir un contact avec celui qui la regarde. Il faut sans doute chercher la clef de cette réussite dans le caractère de l’artiste, mais certainement aussi dans son très intime contact avec la nature. Il n’est donc pas étonnant que le Musée national d’histoire naturelle accueille déjà pour la deuxième fois Madame Irena Podhorska, car ce sont les arbres, les plantes, les graines et les animaux qui dominent son art, un art de la vie et de l’espoir. Une sorte d’herbier à part, insolite, qui raconte des tas de petites choses que l’on pourrait tenir pour négligeables et qui pourtant, à travers sa vision, deviennent soudain très importantes.

Originale à n’en pas douter, mais respectueuse d’un passé qui nourrit sans cesse son imagination toujours en éveil, Madame Podhorska affirme avec discrétion et gentillesse une présence d’une rare qualité qui suscite notre admiration et mérite certainement de retenir notre plus grande attention.

Le support

Cette impression est en plus accentuée par le contraste avec le support de la peinture, un support qui a vécu ou plutôt qui vit lui aussi. Des combinaisons souvent inattendues, mais d’une harmonie sans pareil. Les feuilles de ses papiers sont faites de plantes levées à la main selon une ancienne méthode. Souvent ce sont même des manuscrits vieux de deux cents ans ou du papier très spécial, fabriqué de la même manière qu’il y a cinq cents ans. Elle a eu la chance de rencontrer un artisan-papetier à Bruxelles qui réalise pour elle tous les papiers qu’elle s’imagine. En dessinant, elle a la joie alors de toucher ces beaux papiers végétaux dont certains contiennent même des plantes de son propres jardin.

Comme technique elle utilise l’aquarelle, tempera à l’œuf et parfois la peinture à l’huile. Pour le dessin : la pointe d’argent, le crayon, la mine de plomb et l’ancre de Chine.

Les carnets de promenade

C’est pour la première fois que Madame Podhorska montre ses carnets très personnels qu’elle a remplis depuis trente ans de dessins et d’aquarelles. Il y a des carnets soignés, des carnets-objets et des carnets de travail pleins de dessins dans tous les sens, de notes et de gribouilles. Elle ne se déplace jamais sans un carnet et à la maison ils sont partout. Carnets de promenades dans l’espace et dans le temps, les carnets d’Irena Podhorska sont des méditations. Ils nous ouvrent la porte vers l’éternité.

L’artiste et son oeuvre

D’origine polonaise, née en 1933, l’enfance ce cette artiste, néerlandaise par son mariage, fut brusquement interrompue par la guerre. Après une brève hésitation entre les études de botanique et l’Académie des BeauxArts, Irena Podhorska a choisi les Arts. De ce choix, elle est très heureuse, comme nous tous d’ailleurs. D’autant plus qu’au Luxembourg, où elle vit depuis un quart de siècle, elle a gardé un contact avec la nature aussi proche que dans son enfance en Pologne, son pays natal.

Presque tous les dessins représentent des fragments de la nature – des fruits, des grains – les symboles du futur. Par contre, l’aspect extérieur de ses carnets suggère le passé.

Le temps constitue le thème central du travail de l’artiste, il est le sujet de sa fascination. Elle s’intéresse au passé et au futur, puisque le présent est insaisissable : un point de jonction, relatif et éphémère.

Une petite anecdote : Un jour à Bâle elle admire des arbres magnifiques très variés et exotiques bordant le « Aeschengraben ». Mais elle n’arrive pas à déceler des écritaux avec leurs noms. Enfin elle les découvre : à la hauteur de 4 mètres ! Elle en est émerveillée tout en espérant qu’on ne s’avisera pas à les replacer à la hauteur des yeux, mais qu’ils demeurent là-haut comme des signes mystérieux et indéchiffrables, des documents illustrant la gloire des arbres qui poussent et du temps qui passe.

L’amour des plantes

Pour Irena Podhorska, ce ne sont pas les noms et les caractères scientifiques des plantes qui l’intéressent, ce sont leurs formes. Elle les connaît toutes par cœur. Comme un botaniste, elle peut dire, en voyant une plante, comment est sa racine, comment seront ses graines, ses fleurs, ses feuilles et leurs stades d’évolution et cela, souvent sans avoir aucune idée de leur nom.

Elle porte un intérêt tout spécial à la face cachée des arbres et les plantes – à leurs racines. Ils sont d’une beauté et d’une puissance nourricière fascinante. Tout un monde invisible.

Cette intimité avec le monde des plantes, cette communion, qui n’a jamais cessé, a marqué profondément sa vie. Car dans le monde des plantes, la vie ne disparaît pas.

Les plantes changent de forme, elles retournent à la terre sous forme d’humus qui sert de nourriture pour d’autres plantes. Rien ne se perd, c’est un éternel renouvellement.

Les plantes repoussent dans des endroits les plus insolites, les plus extrêmes : au milieu d’un tas de pierres au bord de la route, dans un chantier de démolition, au milieu des détritus. Ainsi elles sont sources d’espoir et d’optimisme.

Expositions individuelles – Irena van der Steenhoven-Podhorska

1974 Galerie Liernur, Den Haag, NL

Galerie « La Porte de Jade », Bruxelles, B

1975 Galerie Ina Broerse, Amsterdam, NL

Galerie Eichhausen, München, D

1976 Galerie « De Fiets », Delft, NL

Galerie Kutter, Luxembourg

Galerie « L’Angle Aigu », Bruxelles, B

1977 Galerie Munchen, Luxembourg, L
1978 Galerie Ina Broerse, Amsterdam, NL
1979 Rotonde « Berlaymont », Bruxelles, B
1980 Galerie Roelant, Amsterdam, NL

Galerie « Hibou », Luxembourg, L

1985 Galerie « Bagijntje », Lochem, NL

Galerie « A.B.C. », Bruxelles, B

Rotonde « Berlaymont », Bruxelles, B

1988 Isetan Fine Art Gallery, Tokyo, J
1989 Galerie Weber, Genève, Ch
1990 Galerie « Triglyphe », Bruxelles, B
1991 Galerie C. Maillard, Paris, F
1992 Isetan Fine Art Gallery, Tokyo, J
1993 Weston Gallery, Tokyo, J
1994 Galerie A. Bielieska, Bruxelles, B

Galerie Antika, Charmey, CH

Musée national d’histoire naturelle, Luxembourg, L

1995 Galerie RWE, Bruxelles, B
1997 Smithy Gallery, Cooperstown, N.Y., USA
1999 Musée national d’histoire naturelle, Luxembourg, L
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